Créateur de Shorts
Les shorts sont un genre étrange : une promesse de rapidité, une réalité d'épuisement, parce qu'il en faut beaucoup, régulièrement et dans un style reconnaissable. Nous y sommes entrés comme dans une ville inconnue — sans carte, avec le sentiment que des itinéraires attendent d'être découverts. Ce projet est une tentative de transformer la production de vidéos courtes en système pilotable tout en préservant la vivacité et la main d'auteur.
Pourquoi la 3D
Quand nous avons commencé à explorer la vidéo courte, la première bifurcation était évidente : prendre des modèles génératifs et en assembler un fil, ou partir en 3D et construire le nôtre. Un fil génératif est plus rapide au démarrage. Au bout de quelques semaines, il commence à paraître étranger : tout modèle généraliste tire vers la moyenne. Le genre moyen est ennuyeux à regarder. Nous avons donc choisi la 3D. Blender comme moteur, Python comme chef d'orchestre, notre propre bibliothèque de scènes, objets, caméras et rythmes. Le coût d'entrée est plus élevé. Au bout d'un mois, on dispose d'un vocabulaire visuel avec lequel écrire ses propres histoires. À une époque où tout le monde est obsédé par les réseaux de neurones, cette voie paraît volontairement inconfortable — et c'est précisément pour cela qu'elle donne un résultat d'auteur.
Comment c'est fait
Vous construisez un décor, y posez des objets 3D, réglez le survol caméra. Mouvement aléatoire ou programmé des objets dans le cadre, changement de plan, travelling avant sur un objet, changement de mise au point. Vous posez le son, les sous-titres, les titres. Vient ensuite la génération : Blender rend, Python assemble des variations, la sortie est un ensemble de clips dans lequel choisir les meilleurs. C'est un outil pour esquisser vite, là où il faut de bons visuels, des mèmes, des répliques. Simplicité maximale de l'esquisse ou du montage du contenu vidéo final — avec le minimum d'étapes entre une idée et un premier résultat.
Sérialité et style
Nous voulons que les clips sortent en séries. Un bon clip bâtit la réputation d'une semaine. Dix bons clips dans la même esthétique bâtissent une chaîne. Pour cela, les scènes doivent s'assembler à partir de « pièces » combinables comme une boîte Lego à modèles : un espace de base, un jeu d'assets, une palette de lumière, un jeu de mouvements de caméra. On change les pièces — on obtient une nouvelle série, le style reste reconnaissable. C'est essentiel pour les chaînes à forte cadence de publication : hebdomadaire, quotidienne, plusieurs fois par jour. Le montage manuel à ce rythme tue une équipe en un mois. Un pipeline avec modèles vit longtemps.
Le style est un investissement qui s'accumule. Chaque nouveau clip dans le même style travaille pour tous les précédents.
Génération par lots
L'une des expériences principales du projet est la génération par lots. Vous fixez un modèle et des paramètres (« rues de ville, nuit, néon, 20 secondes, survol lent »), le système livre dix variantes d'un coup. Vous prenez la meilleure, le reste part à la poubelle. Cela change l'économie de la production : le coût d'un clip baisse, la qualité du choix final monte, parce qu'il y a de quoi choisir.
Où nous en sommes
Le projet est en développement actif. Nous assemblons le noyau : la liaison de l'interface web et du moteur 3D pour que cela fonctionne comme un seul outil. En parallèle, nous accumulons une bibliothèque d'assets de base — scènes, objets, mouvements de caméra, presets d'éclairage. C'est cette « bibliothèque de pièces » à partir de laquelle seront ensuite assemblées les séries. L'étape suivante est un pilote sur une chaîne vivante, pour tester le pipeline en charge réelle : trente clips en un mois, style préservé et équipe encore debout. Expédition gastronomique : fruits de mer honnêtes, contrôle qualité et service "comme au restaurant", mais à la maison. Projet actuellement en pause.
Naasson Food